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http://www.sofoot.com/chapecoense-fin-tragique-435684.html   Petit hommage à un club qui aura connu quelque chose qui n'est pas inconnu à notre club. Hélas.  

Analyse de l’excellence défensive avec l’Atletico Madrid   http://analysport.fr/atletico-madrid/   Très longue analyse sur le style défensif de l'Atletico Madrid, mais qui vaut la peine d'être lue

plus impressionnant que le tour du monde de Philéas Fogg : la pré-tournée 67 des Dallas Tornado  : https://www.fourfourtwo.com/fr/features/la-tournee-la-plus-incroyable-de-lhistoire-quand-le-dall

Images postées

Une étude de l' AREAPS (Association Recherche et Evaluation en Activité Physique et en Sport) sur l'évolution des exigences physiques physiologiques et biologiques en match ( oui désolé MacLeod c'est encore un truc long, et truffé de chiffres, a lire ;) ).

 

Cette étude démontre que si la moyenne de la distance parcourue est restée stable( exception faite pour les latéraux ou elle a augmenté), celle des sprint et actions intensives de courte durée est en progression avec de moins en moins de temps de récupération et une mise a l'épreuve de plus en plus rude des organismes.

 

Elle éclaire l'impression que j'avais de voir des joueurs (malgré les progrès technologique moderne en termes d'entrainement et de diététique) ne plus êtres capables d’enchaîner des matchs.

 

 

http://areaps.org/preparation-physique-du-footballeur-analyse-levolution-exigences-physiques-physiologique-biologique-du-match/

 

 

Bonne lecture ;)

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C'est du costaud ton lien Samael, je suis tout juste entrain de le finir !  :D...J'avais prévenu long et fastidieu  ;) mais tu es en partie responsable avec ton topic sur le foot 90's et ma mémoire défaillante sur le moment exact du changement de statut des clubs a fait le reste. ...et encore j'en ai un de 35 pages en réserve mais je vais faire un résumé quand j'aurais le temps, tout en laissant le lien original pour les courageux.

 

 

 - En attendant une réflexion intéressante sur les équipes défensives (avec entre autre l'Inter d'un certain José Mourinho) et le débat sans fin entre les gentilles équipes qui font le spectacle mais qui ne gagnent pas et les méchantes qui mettent le bus et le but qui va bien pour remporter la victoire. C'est en plusieurs parties je vous met les liens détaillés :

 

- Introduction : http://fautetactique.com/2012/05/21/dossier-tous-derriere/

 

- L'esthétisme de la Défense : http://fautetactique.com/2012/05/21/de-la-beaute-de-la-defense/

 

- La Défense totale est-elle l’expression de l'anti-jeu ultime? : http://fautetactique.com/2012/05/21/de-l-anti-football/

 

- Le beau jeu opposé au résultat : http://fautetactique.com/2012/05/24/de-leternel-debat-entre-maniere-et-resultat/

 

- Toutes les équipes "défensives" sont-elles identiques? (Inter 2010/Pays-Bas 2010/Chelsea 2012) : http://fautetactique.com/2012/06/08/tous-derriere-tous-pareil/

 

- Conclusion : http://fautetactique.com/2012/06/08/conclusion-du-dossier-tous-derriere/

 

Bonne lecture  :lol:

 

C'est good.

 

J'ai lu tous les articles, intéressant bien que je ne sois pas d’accord avec le tout, mais ça a le mérite d'être clair, d'avoir un avis tranché et en décalage avec ce qu'on peut voir habituellement, notamment les sites qui vont prôner le football spectacle et le jeu alléchant.

 

J'ai bien aimé ce passage notamment:

 

Sir Alex Ferguson a toujours admis que la Juve avait été un exemple pour son United : « Je faisais voir à mes joueurs les cassettes de Lippi et je leur disais : ne regardez pas la tactique ou la technique, ça nous l’avons nous aussi, mais concentrez-vous à apprendre à avoir cette envie de gagner« . Comme le dit un jour Italo Pietra, journaliste et écrivain italien : « La Juve n’est pas seulement une équipe de football, c’est une façon de comprendre la vie« .

 

Sinon il faut que je termine l'article sur le changement de statut juridique, ainsi que le dernier lien que tu as envoyé. Quand j'aurais le temps, je terminerai tout ça avec plaisir ;)

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Une étude de l' AREAPS (Association Recherche et Evaluation en Activité Physique et en Sport) sur l'évolution des exigences physiques physiologiques et biologiques en match ( oui désolé MacLeod c'est encore un truc long, et truffé de chiffres, a lire  ;) ).

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Le moins qu'on puisse dire c'est que tu nous donnes de la lecture. :P

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LA LIBERTÉ TACTIQUE EXISTE-T-ELLE ?

 

 

Pourquoi réserver la philosophie au cénacle des branleurs intellectuels ? Le football aussi a droit à ses questions existentielles, au panthéon desquelles trône cette interrogation fondamentale : un footballeur est-il libre sur un terrain ?

 
Si la liberté créatrice se résume à un simple curseur dans Football Manager, la variable est en réalité plus complexe qu’il n’y paraît… d’autant qu’elle peut considérablement impacter le cours du jeu. In fine, la liberté des joueurs interroge le rôle de la tactique et donc de l’entraîneur dans la gestion d’un match. Qui, des joueurs ou coach, mérite de gouverner le terrain ?
 
 
ÉMANCIPATION
 
Il convient tout d’abord de poser les définitions. La liberté tactique désigne ainsi la capacité d’un joueur à s’affranchir des consignes du coach, en termes de position sur le terrain, de marquage d’un adversaire ou de fonction dans l’animation. Cette rupture peut être éphémère (une passe longue plutôt qu’une courte, par exemple), mais peut aussi s’inscrire dans une temporalité plus longue, si l’entraîneur ne peut ou ne souhaite pas recadrer son joueur.
 
A ce titre, on pourra s’interroger sur la légitimité du coach à vouloir enfermer son équipe dans un schéma trop rigide. Exemple lors de Bordeaux-Lyon ce week-end : Rémi Garde s’était emporté contre Fofana, positionné trop haut à son goût. Mais c’était quelques minutes après que le même Fofana a marqué le but du break, justement permis par sa position avancée. Qui a raison dans cette affaire ? Le coach, censé porter un regard global et (en théorie) plus neutre sur l’équipe et ses faiblesses ? Ou le joueur, qui a pour sa défense l’expertise in situ du terrain ? Impossible de trancher, et la liberté d’une équipe dépendra principalement de deux facteurs : l’autorité du staff et les vélléités d’émancipation des joueurs.
 
OBÉISSANCE
 
S’ensuit logiquement une question subsidiaire : peut-on blâmer un joueur qui obéit de manière trop servile à son coach ? Prenons l’exemple de Malouda lors du match France-Espagne de l’Euro 2012, mis au pilori des commentateurs pour n’avoir pas suivi le départ de Xabi Alonso, buteur esseulé quelques secondes plus tard.
 
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Mais, car il y a un mais, supposons que Malouda ait reçu comme consigne de ne pas quitter sa zone, afin par exemple de servir de relais pour un contre en cas de récupération française sur le centre d’Alba (l’issue statistiquement la plus probable). C’était sûrement dans cette optique que Laurent Blanc l’avait placé dans une position plus axiale et reculée qu’habituellement… Dès lors, peut-on légitimement s’offusquer qu’il ne quitte pas son rôle ?

Sa seule faute aura donc été d’être trop discipliné pour ne pas nuire à l’animation offensive planifiée par le coach. Le joueur avait d’ailleurs déjà souffert cette situation en 2008, alors qu’on lui reprochait de ne pas déborder assez ; il s’était justifié en expliquant qu’il ne faisait que suivre les consignes du coach… Trop bon soldat, en somme.

INÉGALITÉS

La France est d’ailleurs bien paradoxale sur le sujet. Elle reproche à Malouda sa servitude volontaire, mais fustige Anelka et Benzema lorsqu’ils délaissent leur zone pour redescendre chercher le ballon. Certes maladroits, ces décrochages intempestifs sont pourtant le fruit d’une véritable intelligence tactique, palliant les lacunes du milieu de terrain grâce à l’apport d’un surnombre.

Personne n’oserait pourtant critiquer Messi, Ibra ou Rooney lorsqu’ils font de même avec leurs équipes respectives, quand bien même leurs décrochages porteraient préjudice au collectif  (exemple de Messi lors de la Coupe du Monde 2010). De même, personne n’irait reprocher à Eto’o son obéissance aveugle aux consignes de Mourihno contre Barcelone… La conclusion est alors inévitable : tous les footballeurs ne sont pas égaux face à la liberté tactique.

Outre le talent (subjectif), la véritable variable d’ajustement semble être la fonction sur le terrain. Ainsi, un regista sera par définition plus libre qu’un renard des surfaces ou qu’un défenseur axial, dont on attend qu’ils restent en permanence disponibles à leur poste. En d’autres termes, la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres. Est-ce à dire qu’un animateur vaut “plus” qu’un buteur ou qu’un défenseur ? Cette inégalité est rendue légitime par le cloisonnement des rôles sur le terrain, sur lequel s’est construit le football contemporain. Mais dans le paradigme del’hybridation des postes, tient-elle encore la route ?

SERENDIPITÉ

Car la liberté créatrice s’appuie sur un mythe trompeur, qui veut que les compétences techniques (qualité de passe sous pression, par exemple) soient nécessairement synonymes d’intelligence tactique. La liberté accordée par les coachs est ainsi proportionnelle à la capacité estimée qu’aura le joueur à faire le bon choix parmi les solutions qui s’offrent à lui… en fonction de sa palette technique. Mais quantité n’est pas synonyme de qualité, et les solutions les plus simples sont parfois - souvent - les plus performantes. Dès lors, n’est-il pas temps d’autoriser certains profils de joueurs (défenseurs, buteurs, sentinelles, etc.) à davantage de libertés sur le terrain, eu égard de leurs lacunes techniques ?

C’est tout le principe de la sérendipité, terme en vogue depuis quelques années qui mérite à transposition au football. La revue Desports évoquait justement, dans son premier numéro, son application au monde des échecs (p. 280), expliquant que cet “art de profiter de l’inattendu” était précisément ce qui distinguait les grands maîtres du reste des joueurs, trop souvent engoncés dans leurs stratégies minutieusement planifiées.

Sans revenir trop longuement sur les méandres sémantiques de la sérendipité, rappelons qu’elle est avant tout une posture volontariste à profiter du hasard ; d’être “à l’affut”, en quelque sorte. Dans le cas du foot, il s’agira par exemple de profiter d’un tacle raté, d’un appel spontané, d’un rebond favorable… Ceci implique d’être en condition physique, et surtout intellectuelle, pour pouvoir exploiter un événement nouveau. Et c’est le rôle du coach que de mettre les joueurs dans ces dispositions.
AUTOMATISMES

Pour ce faire, le coach doit miser sur l’expérience collective, afin que des joueurs puissent réagir aux stimuli extérieurs le plus “naturellement” possible, presque inconsciemment. Le concept est connu, et s’illustre notamment dans le cas des charnières centrales, où les automatismes jouent parfois davantage que le niveau réel des protagonistes (exemple de Rami / Mexès ou Sakho / Yanga-Mbiwa en Equipe de France, sélectionnés par paire alors que l’un des deux n’était pas suffisamment performant dans son club).

Cette logique, élémentaire pour les défenseurs, ne semble pourtant pas avoir le même poids pour les joueurs offensifs, à l’image des innombrables recompositions de l’attaque du PSG. Ancelotti aura ainsi tenté tous les schémas possibles des mois durant, réduisant de facto les automatismes entre joueurs offensifs (qui plus est fraîchement débarqués au club).

Si cette absence de synergie collective est alors palliée par les fameuses “individualités”, cela se fait inévitablement au détriment de la fluidité (nombreux ballons perdus liés aux appels dans le vide et à la difficulté à se trouver facilement). En d’autres termes, la liberté des joueurs les plus techniques sert ici à contrebalancer l’incapacité du coach à trouver “la bonne formule”. Ce qui revient à relativiser ladite liberté confiée à ces joueurs, davantage pantins du coach qu’électrons libres légitimés par leur talent.

ÉDUCATION

Il serait plus judicieux de travailler, encore et encore, les compatibilités des joueurs les plus créatifs, quitte à brider dans un premier temps leur créativité (exemple : proposition d’entraînement extrêmiste pour inculquer l’harmonie). Cela ne veut pas dire qu’il faut leur bourrer le crâne de schémas trop rigides, comme c’est aujourd’hui le cas dans de nombreux clubs de jeunes. Au contraire, il faut leur apprendre à s’en affranchir au moment opportun.

Un superbe article sur “la prévisibilité au service de l’imprévisibilité” (Réseaux n°156) concluait ainsi, sur la nécessité d’enseigner aux joueurs de nouveaux moyens pour communiquer, et donc se trouver intuitivement sur le terrain :

Cette évolution des entraînements est nécessaire et complémentaire des approches stratégiques et technicistes du jeu. [...] Il s’agit juste de ne plus oublier que le jeu n’est pas un simple cumul de gestes techniques ou un amoncellement de modèles prédéfinis de conduites collectives. Bref, et pour reprendre les mots de Rousseau dans L’Emile (1757), l’individu agissant n’est pas un vase que l’on remplit mais plutôt un feu que l’on allume.

Ce qui nous permettra de conclure à la question initiale : la liberté tactique n’existe pas, elle s’enseigne et se travaille au corps, avec le temps et l’expérience. Ce qui suppose aussi un changement de méthode dans le rôle qu’on attribue à la tactique. La Liberté guidant le jeu : aux entraîneurs de sublimer ce feu sacré, plutôt que de vouloir l’éteindre à coup de diktat tactique.

 

 

http://cahiersdufootball.net/blogs/les-de-managers/2013/02/22/la-liberte-tactique-existe-t-elle/

 

 

 

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COACHING, RELATIVITÉ ET INELUCTABILITÉ

 

C’est un match que Luis Fernandez traîne comme un boulet. 7 mars 2001, La Corogne – Paris Saint-Germain, cinquième journée de la deuxième phase de la Ligue des champions. Les Parisiens partaient “à la pêche au miracle”, comme l’avait titré Pierre Ménès, envoyé spécial de L’Équipe pour ce match. Ils avaient besoin d’une victoire en terre galicienne pour continuer à croire en une improbable qualification pour le tour suivant.

 

Le plan de jeu mis en place semblait parfait. Après cinquante-cinq minutes, grâce à des contres éclairs, le PSG mène 3-0. Un doublé de Laurent Leroy, dont un but sublime, et une réalisation de Jay-Jay Okocha. “Hier soir à La Corogne, l’entraîneur parisien a cru avoir tout bon, écrivit d’ailleurs Pierre Ménès le lendemain. Parce que même si le PSG devait impérativement l’emporter à Riazor pour continuer à entretenir ce fol espoir de qualification en Ligue des Champions, il ne fallait pas se jeter stupidement à l’assaut du but espagnol pour se faire ramasser en contre.”“Alors qu’on menait 3 à 0, le docteur Hakim Chalabi, à côté de moi, m’avait donné un coup de coude: ‘Allez, à 3-0, c’est fait!’, raconte Luis Fernandez dans son autobiographie LuisJ’avais un mauvais pressentiment. ‘Ah tu crois ça, toi ?’ Je connaissais suffisamment la Galice pour savoir qu’avec leur état d’esprit, les joueurs ne s’avouaient jamais vaincus. ‘Si on encaisse un but dans les cinq minutes, on risque fort d’exploser.’”

 

 

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L’entraîneur parisien est ici un peu comme Pleasure, le personnage joué par Brendan Fraser, dans The Air I Breathe: il voit ce qu’il va se passer dans le futur proche mais est incapable d’en changer l’issue. Luis Fernandez a imaginé le renversement de situation complètement fou. Il a vu La Corogne enfiler les buts. Il a tout fait pour l’empêcher, mais il n’y est pas parvenu. Il a fait entrer Peter Luccin, Éric Rabesandratana puis Igor Yanovski, trois joueurs censés solidifier son équipe. En vain. “J’étais dépité, comme impuissant”, résume-t-il dans Luis. Comme si la défaite était inéluctable.

 

 

EFFET PAPILLON ET ORDRE “NORMAL” DES CHOSES

Quand on regarde le match aujourd’hui, en en connaissant l’issue, on comprend pourquoi. Malgré un 5-4-1 ultra défensif, Paris a concédé une multitude d’occasions pendant cinquante-cinq minutes, sans être puni. À l’inverse, tout a réussi aux attaquants parisiens. L’ouverture du score d’Okocha est déviée par un défenseur alors que José Molina était sur la trajectoire, Laurent Leroy a marqué le but de sa vie… On sous-estime souvent le rôle de la chance dans le football. Un faux rebond peut faire basculer un match, voire une saison. Le fameux “effet papillon”, objet de tant de fantasmes. En l’occurrence, en dépit de son avance au tableau d’affichage, le PSG ne paraissait pas intouchable, loin de là. Avec le recul, ce basculement du scénario ressemble fort au rééquilibrage d’une anomalie du destin. La seule incertitude concernait le délai de retour à la “normale”. Après tout, le processus aurait pu être interrompu par le coup de sifflet final…

Les détracteurs de Luis Fernandez affirment qu’il l’a accéléré en sortant les seuls joueurs (Arteta, Benarbia et Okocha) capables de tenir le ballon et soulager leur arrière-garde. D’autres retiendront plutôt le coaching gagnant de Javier Irureta, qui fait entrer Diego Tristan (un but) et Walter Pandiani (triplé), deux joueurs de surface bons dans les airs, pour enfin concrétiser les innombrables centres délivrés depuis le début du match par Victor, Fran, Pablo et Romero. On notera d’ailleurs qu’Éric Rabesandratana devait éteindre cette menace aérienne, que Luis Fernandez avait parfaitement identifiée.

 

Irureta et Fernandez n’ont pas changé de système. Le premier a simplement rendu son 4-4-2 plus offensif, avec un Djalminha plus influent en créateur reculé qu’en soutien de Roy Makaay en première période; le second a blindé son 5-4-1 en sortant ses créateurs. De toute façon, Paris ne tenait déjà plus le ballon depuis le début de la seconde période, même avec Benarbia et Okocha sur le terrain. “Lorsque je décide de faire ces changements, nous sommes déjà en train de reculer, déclarait Fernandez dans L’Équipe, à l’époque. Si je peux avoir un regret, c’est de ne pas avoir fait entrer Luccin et Rabesandratana en même temps, juste après notre troisième but. J’ai voulu renforcer le secteur défensif pour réduire les espaces.”

 

 

 

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FATALISME ET IMPUISSANCE

Ce débat pose la question du poids réel des entraîneurs pour infléchir le destin de leur équipe sur un match. Le mesurer précisément est impossible. Tout au plus peut-on affirmer qu’il est très relatif. Certes, les coachs ont à leur disposition trois changements pour modifier leur équipe, ils peuvent faire évoluer leur système de jeu, intervertir le positionnement de certains joueurs, ce qui exclut l’hypothèse d’un fatalisme général dans lequel la volonté humaine s’effacerait face au cours inévitable des choses. Dans certains cas, les entraîneurs font basculer un match du bon côté. Dans d’autres, c’est l’inverse: la déstabilisation espérée chez l’adversaire peut se retourner contre sa propre équipe. D’où certaines approches très conservatrices envers les changements.

Mais il faut appréhender cette influence d’un coach sur l’issue d’une rencontre de manière plus globale. Chaque jour de la saison, son travail consiste à faire intégrer ses principes par les joueurs, pour que leur prise de décision soit automatique une fois le match commencé. Car dans le feu de l’action, on peut difficilement corriger les lacunes. “Le temps que je m’aperçoive que le joueur est en retard, que je le lui dise et qu’il réagisse, c’est déjà trop tard, nous a expliqué Raynald Denoueix, rencontré pour l’ouvrage Comment regarder un match de foot ? (sortie le 11 février).Et parfois, si tu joues à Madrid, à Valence, les joueurs ne vont pas t’entendre. Donc l’un des maîtres mots, c’est ‘anticipation’. Mais pour certains, il n’y a rien à faire, ils ne comprennent que quand l’action s’est déjà déroulée.” L’interventionnisme est souvent un moyen pour l’entraîneur de se rassurer, ou de rassurer les joueurs. Lundi soir, on a ainsi vu Jean-Luc Vasseur, l’entraîneur du Paris FC, parler énormément au jeune Roli Pereira de Sa, prêté par le PSG, pour l’aider à se placer dans un entrejeu qu’il découvre encore. D’autres, comme Laurent Blanc, sont plus dans une posture d’observateurs, se limitant à quelques ajustements mineurs. Il n’y a pas besoin de plus quand la mécanique est bien réglée.

Il ne faut pas négliger pour autant tous les parasites qui pourraient l’enrayer. La tactique n’est pas le seul déterminant, et elle est directement impactée par les facteurs physiques, psychologiques et autres (météo, situation au score etc.). Pendant un match, un entraîneur doit décider rapidement en fonction de la situation d’une petite vingtaine d’hommes aux sentiments, conditions et volontés potentiellement disparates voire contradictoires.

C’est même peut-être d’abord là, dans la création d’une cohésion collective, que s’est joué La Corogne – PSG. Les trois mois vécus depuis le retour de Luis Fernandez sur le banc ont été rythmés par les polémiques. Stéphane Dalmat est parti, Peter Luccin s’est accroché avec son entraîneur, Éric Rabesandratana, Jimmy Algérino et le Brésilien Christian ont été plus ou moins écartés. Quelques jours avant le déplacement en Galice, Paris a battu Toulouse 3-0 en fin de match, au Parc des Princes. Mais Ali Benarbia a annoncé son départ en fin de saison, et Laurent Robert, sorti à la mi-temps, est allé au clash, critiquant Luis Fernandez dans deux entretiens successifs dans L’Équipe “Entre nous, il y a un manque de dialogue depuis le début, affirme-t-il le 5 mars, deux jours avant le match au Riazor. Moi, j’en ai marre, il me parle mal, il me prend pour un gamin. Il me balance des vannes, ce qui n’est pas bien venant d’un entraîneur, avec tout le respect que je lui dois. Lui ne me respecte pas.” “Il m’a conseillé de prendre un peu de repos, mais c’est lui qui en aurait bien besoin”, renchérit-il le lendemain.

 

QUAND LA TACTIQUE S’EFFACE

Qui sait, une meilleure unité au sein du groupe parisien aurait peut-être entraîné une plus grande implication défensive sur les corners (deux buts en sont issus), phases où la moindre absence individuelle se paye directement au tableau d’affichage. Elle aurait aussi permis de mieux tenir tête à la déferlante offensive du Depor. “Cela se passe dans tête, on a reculé, jugea Fernandez le soir du match. L’équipe est jeune et elle doit encore mûrir. Le premier but de La Corogne est venu beaucoup trop vite(deux minutes après le 0-3). Ensuite, les Galiciens ont joué leur va-tout. Des fois, ça marche. Ils avaient déjà fait le coup au Barça (victoire 3-2 à la dernière minute après avoir été menés 1-2) et au Real (de 0-2 à 2-2) en championnat. Ils savent qu’ils sont toujours capables de revenir dans un match.” Ou quand la tactique s’efface derrière la psychologie. Au bord du terrain, l’entraîneur perd ses leviers majeurs d’action et devient impuissant.

Pourtant, Marca était très sévère avec l’entraîneur parisien : “De toute façon, Luis Fernandez devrait démissionner. Perdre après avoir mené 3-0 signifie soit que le PSG est très faible, soit que l’entraîneur est devenu fou.” Sous-entendu, un entraîneur raisonnable aurait su prendre les “bonnes” décisions pour que Paris gagne. En étant battu, Luis Fernandez s’est forcément trompé, et dans les grandes largeurs vue l’ampleur du renversement.

Mais un entraîneur peut avoir raison, et perdre malgré tout. Pendant les cinquante-cinq premières minutes de La Corogne – PSG, Luis Fernandez était un génie. Une demi-heure plus tard, il était un incapable. “Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de fois où, après une victoire, je me demande quelle est ma part de responsabilité dans le résultat, confiait Rolland Courbis dans L’Équipe en mai 2014.Mais vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de fois, où, après une défaite, j’estimais que, personnellement, je n’avais pas perdu.” Mais c’est pourtant bien le résultat, aujourd’hui, qui fait office de juge suprême du travail d’un entraîneur. Et tant pis s’il est loin d’être le seul à pouvoir l’influencer.

 

 

http://cahiersdufootball.net/blogs/les-de-managers/2016/02/05/coaching-relativite-et-ineluctabilite/

 

L'anecdote du match de La Corogne est géniale et l'élément clé de cette défaite est Rabesandratana ainsi que de beaucoup d'autres sous l'ère Fernandez cette année là.

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La sacro-sainte statistique, celle qui est cuisiné a toutes les sauces pour tout expliquer, serait-elle "surcôté" (tiens un autre terme sacro-saint sur lequel je reviendrais une autre fois) et au final mal utilisée par les experts? tentative d'explication et de relativisation de la statistique dans l'analyse moderne :

 

https://unetheoriedufootball.net/2015/05/16/la-statistique-limpact-dun-simple-outil-devenu-argument-en-soi/

 

Bonne lecture

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  • 2 semaines après...

Samael ton dernier lien ne fonctionne pas apparemment. Sinon je suis bientôt entrain de terminer les deux précédents. Je te dirai ce que j'en penses.

 je viens de le tester sur PC et téléphone portable il fonctionne nickel...sa te met quoi?

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le dernier lien est un htpps du coup il peut poser problème pour l'ouverture effectivement bien vue Charlie (enfin le pc de Charlie  :lol: ). Quelques manips à faire en cas d'apparition du message de sécurité pour ouvrir le lien (qui normalement ne contient pas de pirates pour me transmettre vos numéros de CB  ;) ) :

 

http://astuto.fr/message-votre-connexion-nest-pas-privee-google-chrome/

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LA DÉFENSE PAR L’ATTAQUE : LA MUTATION DES STOPPEURS

 

 

 

Le meilleur moyen de ne pas encaisser de buts reste de ne jamais ouvrir de fenêtre d’opportunité pour l’adversaire. En pratique donc, d’avoir la possession du ballon suffisamment loin de son but pour ne pas risquer de danger direct, même en cas de mauvais choix. C’est ce que l’Espagne championne du Monde en 2010 a illustré à la perfection : une fois l’avantage pris, il suffit, si l’on peut dire, de faire une passe à dix dans le camp adverse sans bouger le dispositif tactique pour être tranquille. Derrière ce cas particulier se trouve une nouvelle constante : la défense échappe de plus en plus aux défenseurs.

 

LA RIGUEUR, C’EST SE DÉPENSER SANS COMPTER

Bien évidemment, l’idée collective de l’effort n’est pas nouvelle. Cela fait bien longtemps que les équipes ont compris qu’elles ne pouvaient pas uniquement se reposer sur leur arrière-garde pour protéger la maison… et inversement. Il y a 45 ans, le football total et sa sublimation des postes ringardisait déjà l’énonciation des systèmes de jeu sous forme de chiffres. Malgré tout, le phénomène s’est accéléré, et l’évolution de certains postes — notamment celui de latéral, lequel a désormais une obligation de rendement offensif —, oblige à compenser par le collectif.

Par exemple, si le 4-3-3 avec ses trois milieux axiaux est en supériorité numérique dans l’entrejeu par rapport au 4-4-2 à plat, ce dernier permet à ses joueurs de couloir d’avoir de l’espace dans la zone entre les latéraux et les ailiers adverses. Ainsi, une équipe qui attaque à trois mais ne force pas ses ailiers à être les premiers défenseurs sera vulnérable. Et le raisonnement, exposé ici face à un 4-4-2, l’est également face aux autres systèmes. Peu importe le talent défensif d’une formation, elle ne peut pas faire l’économie d’efforts collectifs.

 

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Dans le livre Soccer Modern Tactics, Marcello Lippi explique ainsi ce qu’il demandait à sa Juventus quand elle perdait le ballon : “Del Piero revenait sur l’aile gauche, sauf s’il occupait une autre position au moment de l’attaque. Même si notre phase offensive n’était pas organisée, les attaquants marquaient leur adversaire direct jusqu’au milieu de terrain. Cela offrait quelques secondes de plus à l’équipe pour lui permettre de prendre une bonne position défensive. Les choses n’ont pas changé avec Zidane (et le passage d’un 4-3-3 avec deux ailiers à un 4-3-3 avec deux numéro 9 et un 10 avancé, qu’on pourrait qualifier de 4-3-1-2) car c’est un meneur de jeu moderne. Quand il perd la possession, il poursuit son adversaire.” Si quelques buteurs racés étaient et sont toujours exonérés de tâches défensives, ce n’était pas le cas de Zidane, dont le poste nécessite pourtant fraîcheur physique et mentale pour être efficace.

AUTORÉGULATION DU SYSTÈME

Plutôt que de vouloir à tout prix récupérer le ballon rapidement et assez haut, Lippi voulait avant tout éviter d’être pris hors de position. La qualité des joueurs défensifs dont il disposait (Deschamps, Davids, Conte, Tacchinardi pour ne citer que les récupérateurs) lui permettait d’avoir confiance dans son premier rideau défensif. C’est là qu’est la vraie différence avec la grande philosophie de ces dernières années, le tiki-taka hispano-barcelonais. Ne possédant pas ces milieux défensifs à l’ancienne, hormis Marcos Senna en 2008, mais plutôt des relayeurs modernes — on parlera d’ailleurs de Busquets Role —, et voulant profiter des qualités offensives des latéraux, Barcelone et la sélection ont repris la règle des six secondes de Johan Cruijff. Une récupération agressive ultra-rapide où les cinq joueurs les plus avancés forment à eux seuls un rideau défensif, qui protège milieu défensif et défenseurs, ces fameux éléments dont le poste comporte le mot clé : “défense”.

Toute la construction tactique est ainsi basée sur les aptitudes d’un individu à entrer dans le modèle. Derrière, pour toujours avoir une supériorité numérique à trois contre deux, le défensif Éric Abidal compense les montées de Daniel Alves pendant quelques années, puis c’est Sergio Busquets qui redescend auprès de ses centraux quand le Français est remplacé par l’offensif Jordi Alba. Devant, Pedro défend comme un mort de faim, tandis que Lionel Messi fait les efforts sur quelques pas. Plus besoin d’avoir de bons défenseurs, c’est le système qui règle les problèmes. À tel point qu’on perd toute référence pour juger de la qualité d’une arrière-garde qui ne compte que deux ou trois éléments travaillant à temps plein.

POSSESSION ET SOLIDARITÉ

Si on peut légitimement parler d’épiphénomène, le cas catalan relevant d’une philosophie de jeu poussée à l’extrême et pas vraiment reproduite ailleurs, le gain de la possession comme arme défensive est une constante. En Ligue 1, Lille a la balle 54% du temps, concède 9,2 tirs par match et 0,45 buts. En Serie A, l’AS Roma, meilleure défense d’Europe avec 0,41 buts concédés par match, est à 59% de possession et 10 tirs concédés. En Premier League, Arsenal, Chelsea, Everton, Southampton et City, les cinq meilleures défenses, sont toutes à 55% de possession minimum. Enfin, le Bayern et Barcelone, qui ont encaissé respectivement 8 et 11 buts, dominent largement cette catégorie statistique avec 71 et 66%. Il existe pourtant un intrus : l’Atlético Madrid.

L’équipe de Diego Simeone est dans le top 5 des équipes qui subissent le moins de tirs (9 pile, comme Barcelone mais légèrement plus que Dortmund, le Bayern et la Juventus) alors qu’elle possède moins le ballon que son adversaire (47,7%). Cela n’est évidemment pas le fruit du hasard mais la conséquence d’un énorme travail collectif. Aucun club ne possède en effet autant de joueurs capables de combiner basses œuvres et coups d’éclat. Les deux pointes du 4-4-2, David Villa et Diego Costa, n’hésitent pas à revenir très bas, le deuxième se mettant plus en valeur offensivement grâce à son exceptionnelle condition physique. Autour des deux récupérateurs, on trouve Arda Turan, ailier traditionnel qui fait le piston, et Koke, meneur de jeu excentré comme le furent Iniesta et Valbuena notamment, qui peut donc instinctivement renforcer l’axe à la perte du ballon.

Ne jugeant pas utile d’avoir la maîtrise du jeu pour marquer, et n’en ayant d’ailleurs pas nécessairement les qualités, l’Atlético est obligé de compenser en alignant dix travailleurs dans le champ. À l’image des latéraux Filipe Luis et Juanfran, la clé du décalage est dans la projection et non dans le positionnement. La méthode diffère mais le résultat est le même : extrêmement bien protégés, les défenseurs centraux sont rarement à l’ouvrage.

 

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LA FIN DU DROIT À L’ERREUR

Dans ce contexte, l’absence de stoppeurs de très haut niveau est-elle cause ou conséquence ? Un peu des deux évidemment, mais il semble que ce soit la tactique qui s’est adaptée au déclin du poste plutôt que l’inverse. Il existe encore des bons défenseurs mais aucun, hormis Thiago Silva, ne fait l’unanimité. Très peu sollicités, pour les raisons exprimées plus haut, ils n’ont généralement l’occasion de se mettre en évidence que lors de phases très spécifiques : jeu aérien, gestion de contre-attaque et première relance. Comme toute l’équipe défend et qu’aucun entraîneur en poste (ce qui exclut Bielsa et Zeman de la discussion) ne laisse sciemment des situations d’égalité numérique derrière, les sauvetages défensifs tels que les tacles de la dernière chance n’existent presque plus. Ces phases de jeu, qui permettaient aux défenseurs de briller, sont remplacées par d’autres où ils partent avec un avantage et n’ont donc pas le droit à l’erreur. Plutôt que de compter positivement les buts qu’ils ont permis d’éviter, on recense négativement ceux où leur responsabilité est engagée.

C’est ainsi que des collectifs forts comme celui du Bayern permettent à Dante ou Jérôme Boateng, objectivement loin de leurs aînés d’il y a dix ou quinze ans en talent pur, de former une charnière infranchissable. De même, le trident Chiellini-Bonucci-Barzagli bénéficie de la supériorité numérique du 3-5-2. Selon le contexte, de tels joueurs seront tantôt sous-côtés, tantôt mésestimés, mais jamais leur qualité individuelle générale ne pourra être évaluée, sauf à dominer comme le fait Thiago Silva. C’est la qualité du système mis en place par l’entraîneur qui devra les faire briller, ce qui nivelle les valeurs mais inscrit plus que jamais le football dans une dimension collective.

 

http://cahiersdufootball.net/blogs/les-de-managers/2014/01/15/la-defense-par-l%E2%80%99attaque-la-mutation-des-stoppeurs/

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Article très intéressent et qui met en évidence un certains nombre de soucis de notre style de jeu.

 

http://www.ilosport.fr/football/tactiques/le-4-2-3-1-un-4-3-3-devoye/

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"Ce n'est pas simplement un maillot. C'est notre peau. 
Ce n'est pas juste un stade. C'est notre maison. 
Ils ne sont que onze. Nous sommes des millions. 
Ce n'est pas simplement 90 minutes. C'est toute notre existence. 
Ce n'est pas simplement du football. C'est notre vie."
- Ryan Giggs-
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C'est bien, ce sujet est maintenant bien lancé et on en apprend pas mal:

 

 

 

ARRIGO SACCHI : « LE COLLECTIF EST MEILLEUR QUE L'INDIVIDU »

 

Il fallait bien un premier à ce top coach ; il fallait bien que ce soit Sacchi. Parce que le Mister, le vrai, c'est lui. Son titre de meilleur coach de tous les temps selon sofoot.com, son Milan, sa retraite, son métier, son évolution, son successeur : voici la première partie d'un entretien total football avec Arrigo « Magic » Sacchi. 

 

 

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Parlons du métier d'entraîneur. Est-ce une vocation ?
D'abord il faut qu'il y ait un talent. Mais il est encore plus important que ce talent soit alimenté par un grand amour, avec une certaine culture du professionnalisme. Il faut avoir la certitude de toujours pouvoir donner plus. Et puis il faut avoir une certaine sensibilité…

 

Laquelle ?
Il y a quelques années, j'ai donné une conférence pour la Fédération anglaise. Et Mark Hughes m'avait demandé : « Comment t'as fait ? D'où est sorti ce Milan ? » Surtout dans un pays comme l'Italie, c'était inattendu. C'est venu grâce à la réunion de nombreux facteurs. Avant tout grâce à un club ambitieux, bien organisé, patient, et aussi compétent, qui nous a fait travailler dans les meilleures conditions possibles. Un club où le projet technique a pu prendre plus de place que les intérêts qu'imposent le merchandising et le marketing, un projet qui a fait comprendre qu'il fallait prendre les joueurs les plus fonctionnels pour le jeu que nous voulions réaliser. La différence s'est d'abord faite là : nous faisions le recrutement de personnes, de caractères, de personnalités en qui nous pouvions avoir confiance, sur qui l'on pouvait compter. Même dans le football, tout part de la personne, de sa motivation, de sa volonté, de sa recherche de l'excellence et de l'envie de travailler. Des personnes qui comprennent que sans le travail, il n'y aurait pas de résultats.

 

À cette époque, vous vous rendiez compte que vous étiez en train de révolutionner le jeu ?
Non, on ne pensait pas faire ce que l'on a fait. J'ai posé la question à plusieurs joueurs : « Tu pensais qu'on allait devenir l'une des plus grandes équipes de tous les temps, toi ? » Personne ne s'y attendait. Donadoni, Ancelotti, Baresi… Mais, tout le monde faisait de son mieux. Quand j'y repense, on n'aurait pas pu donner plus. Et c'est le plus important. Après avoir gagné la Coupe en 1989, je me rappelle d'un superbe compliment de la part du journal L'Équipe, qui avait écrit : « Après avoir vu ce Milan, le football ne pourra plus jamais être le même. » J'ai toujours pensé que le moteur du football était le jeu. Et en partant de cette idée de jeu, j'allais chercher des personnes de confiance, et puis des joueurs fonctionnels avec ce système. Et nous nous sommes mis à travailler ensemble. Je n'arrêtais pas de répéter : « Le collectif est meilleur que l'individu. » L'individu peut te faire gagner un match, mais les exploits se font avec une équipe. Le football est un sport collectif avec des moments individuels, pas le contraire. Et pour faire tout cela, nous avons énormément travaillé. Énormément, j'insiste. Je me rappelle avoir invité Wenger, Houllier et Fernandez à Milanello. Ils étaient revenus en disant qu'ils n'avaient jamais vu une équipe travailler autant. Je me souviens aussi d'un joueur, qui avait fait cette plaisanterie lors d'une interview : « Durant la semaine, nous sommes exténués, et nous nous amusons le dimanche. » Et les joueurs n'étaient pas les seuls à prendre du plaisir. Je suis particulièrement fier d'une chose : quand je suis arrivé au Milan, il y avait 30 000 abonnés. Dès la deuxième année, nous en avions 66 000.

 

Pourquoi avoir arrêté si tôt, alors ?
Il y a une explication. Progressivement, en Italie, j'ai eu l'impression d'avoir gagné le droit d'avoir ma propre personnalité en tant qu'entraîneur, et d'exprimer mes propres idées. Or, l'Italie est un pays qui craint la nouveauté, et non seulement qui la craint, mais qui la combat aussi. Et je dois dire que j'ai eu beaucoup de difficultés pour faire passer le message… C'est pour cela, quelque part, que j'ai arrêté tôt. Enfin, je n'ai pas vraiment arrêté, puisque aujourd'hui encore je m'occupe de superviser toutes les catégories de jeunes de l'équipe nationale italienne. Mais bon, je n'ai plus senti l'envie d'entraîner. Il faut se rendre compte que j'ai commencé en 1972 et terminé quasiment en 1997. Cela fait vingt-cinq années que j'ai vécues à pleine vitesse, sans n'avoir jamais été viré, sans n'avoir jamais connu de rétrogradation, et en gagnant dans toutes les catégories existantes en Italie, en commençant par l'avant-dernière, en dilettanti, car mon niveau de joueur ne m'avait pas permis de sauter les étapes (rires). Quand j'ai commencé, je me rappelle que l'on travaillait avec une équipe de dilettanti. En présaison, on s'entraînait tous les jours, et on avait perdu tous les matchs amicaux. Finalement, on gagne le championnat. La seule explication au fait qu'ils ne m'avaient pas viré avant, c'est que je n'avais même pas de salaire, et même, je donnais moi-même une petite contribution.

 

Parfois, on fait un parallèle entre votre Milan et le Barça de Guardiola…
Je pense que sur les quarante dernières années, trois équipes ont permis à ce sport d'innover. Et de permettre au jeu de rester attractif. Car le football aurait pu dater dans le temps. Mais trois équipes ont fait le témoin, afin de faire passer des concepts généraux qui se sont ensuite imprégnés dans notre culture avec le temps : l'Ajax de Michels, mon Milan, puis le FC Barcelone. Celui de Guardiola. Car celui de Cruijff n'a pas laissé une empreinte aussi importante.

 

Après avoir entraîné avec une telle intensité ce Milan et puis la Nazionale, vous pensez qu'il était impossible de continuer ?
On peut faire le parallèle avec l'arrivée de Guardiola au Bayern… Je suis un ami de Guardiola et on s'écrit beaucoup. Il a vécu les mêmes problématiques que j'ai vécues : nous avons tous les deux pris ces équipes à un moment particulier, et nous leur avons tout donné, toute notre personne, tout notre temps. Moi, je lui souhaite évidemment qu'il puisse continuer. Mais moi, après vingt-cinq années vécues à mille à l'heure, je n'ai pas réussi. Lui, cela fait un peu moins de vingt-cinq ans (rires), j'espère bien qu'il y arrivera. En ce qui me concerne, au Milan ou en dilettanti, cela ne changeait rien : je faisais les choses avec la même intensité, la même émotivité, la même passion et la même concentration. Et j'ai adoré. Je me souviens très bien que lorsque l'on avait gagné le championnat des dilettanti, il n'y avait pas le bonheur de la Serie A ou le bonheur de la Serie B… Il y a le bonheur tout court. Du coup, je faisais les choses au maximum, et Guardiola, qui est un grand professionnel, fait les choses de la même manière. Et je lui souhaite de pouvoir continuer ainsi, car cela fait seulement quelques années qu'il entraîne.

 

Qu'est-il arrivé à son Barça ?
Son Barça avait de la génialité, et de l'innovation. Mais il fatigue, car il a perdu de l'intensité, son travail défensif, sa capacité du pressing. À la télévision ou même au stade, les différences semblent minimes, mais elles sont énormes. Dites-vous que le football, c'est exactement comme la musique. Dans un orchestre, si un musicien fait un accord légèrement trop tôt ou trop tard, ou alors trop fort ou trop faible, ce n'est plus la même musique. Dans le football, si un joueur part un demi-mètre plus en avant, ou un demi-mètre plus en arrière, trop tôt ou trop tard, cela change tout. Et ça, cela relève de la sensibilité de l'entraîneur. Il est le seul qui, durant les exercices à l'entraînement, peut voir les nuances que les autres ne pourront jamais réussir à voir. Dans le secteur de jeunes de la Nazionale, nous avons sept catégories, et il y a un protocole. Quand je vais voir les entraînements de toutes les équipes, je peux voir certaines choses : il y en a qui font tout mal, d'autres pas mal et d'autres directement bien. On peut voir quelques choses, mais on ne voit pas tout. Par exemple, quand j'étais au Milan, Berlusconi n'était pas content quand je faisais venir d'autres entraîneurs à Milanello. Mais je lui disais : « Ils peuvent comprendre l'exercice, mais pas ma sensibilité. » C'est comme du Beethoven. Ou par exemple, si un directeur d'orchestre souhaite faire jouer un opéra, disons la Tosca, la structure sera toujours là, mais si c'est un directeur lambda qui le dirige, cela fait toute la différence.

 

Aujourd'hui, en quel entraîneur vous retrouvez-vous le plus ?
À une époque, on parlait de Benítez comme le « nouveau Sacchi » . Je dirais quand même Guardiola. Mais si aujourd'hui je faisais l'entraîneur, les concepts généraux seraient les mêmes, mais les solutions seraient bien différentes. Heynckes fait un travail fantastique avec le Bayern Munich. Je me rappelle qu'il avait été mon adversaire en 1990, dans un Bayern-Milan. Cela en dit long sur l'évolution du football allemand et de notre propre évolution : à l'époque nous étions meilleurs qu'eux. Je me souviens que l'on avait gagné 1-0 à Milan, en dominant, un résultat mérité. Puis on va jouer le retour à Munich. À la fin de la première mi-temps, je me rappelle des statistiques. Tirs cadrés du Bayern : 1 ; tirs cadrés du Milan : 11. Et on avait déjà gagné l'aller 1-0 ! Aujourd'hui, en revanche, le Bayern a beaucoup de choses à enseigner à nos équipes italiennes, qui sont restées en arrière. La seule équipe, un peu, est la Juventus, et la Fiorentina, mais cette Juventus n'est pas encore compétitive. En Italie, on a encore du mal à comprendre le jeu, l'organisation.

 

Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Quand on juge le Bayern, on ne parle que de son intensité physique ! Mais non, c'est avant tout de l'organisation ! Et de la motivation, du travail, la capacité de collègues de devenir une équipe avec un E majuscule. C'est comme ça que leur impact donne une impression dévastatrice. Ce soir, après le match, (ndlr : propos recueillis mardi soir dernier, après Bayern-Barcelone) ils disaient à la télévision italienne qu'il y avait eu plus de physique du côté du Bayern… Mais cela fait des années que toutes les équipes qui ont joué contre le Barça en Europe sont plus physiques que les Blaugrana ! Ils font tous 1m70. Ce n'est pas une question de physique, mais d'organisation. De cette capacité tactique à rester compact, tout en créant du mouvement et de la vitesse de jeu. C'est de l'organisation défensive et beaucoup de mouvements sans ballon. Et ce soir, la technique du Barça n'a pas supporté cette vitesse, ces mouvements sans ballon et cette défense collective des Allemands sur le pressing. Tout simplement, le Bayern, en ce moment, est supérieur au Barça. Une bonne organisation, de la vitesse, la bonne intensité, un bon jeu, une équipe complète.

 

Et puis, au contraire des équipes italiennes, le Bayern fait dans la continuité depuis des années…
C'est essentiel. Progressivement, le Bayern a construit une équipe avec des joueurs qui sont tous adaptés au football total. Car c'est bien l'objectif ici : le football total ! Le football sera toujours plus un sport d'équipe, et la capacité de placement, de mouvement, le fait d'avoir onze joueurs en position active avec le ballon et sans le ballon, restera toujours fondamental.

 

Alors comment définir le football total ? Onze joueurs en position active ?
Onze joueurs qui jouent comme s'ils n'en étaient qu'un. C'est seulement ainsi que l'on multiplie les capacités de chacun. Qui est déjà bon devient extraordinaire, qui est extraordinaire devient unfuoriclasse, et qui est d'un niveau discret devient bon.
 
 
Ainsi que la vidéo bonus pour les plus courageux :D
 
 
 
 
 
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Merci les gars pour tous ces articles , durs à commenter , ou à rajouter de la matiére , car la , y a des mondes de tactiques, d'histoire.

 

Bravo pour le travail de la recherche.

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Intéressant et passionnant, encore du très bon.

 

« En ces temps d'anxiété d'esprit, il faut fortifier son corps pour se maintenir. Dans les villes surtout, où l'air est pesant et étouffant. Pour les enfants, il faut renforcer le corps à mesure qu'ils se renforcent l'esprit »

 

Pas que pour les enfants je dirai !

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une courte (oui MacLeod je peux mettre du court aussi  <_< ) mais édifiante analyse sur l'attractivité du championnat Anglais a l'étranger mesuré par le nombres de touristes venus dans les stades (données de 2014) ...les chiffres sont impressionnants 

 

http://www.toutlemondesenfoot.fr/blog/2015/10/09/le-tourisme-du-foot-britannique-se-porte-tres-bien-merci-pour-lui/

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celle là est pour les longues soirées d'hiver : "petit" pdf de 46 pages issus du site toutlemondesenfoot ( http://www.toutlemondesenfoot.fr/) ,que je vous invite a parcourir tant le contenu est intéressant et varié, qui s'intitule "il était une fois la tactique dans le football". Une rétrospective très bien écrite (et illustrée) des principales évolutions tactique au cours de l'histoire :

 

http://www.toutlemondesenfoot.fr/wp-content/uploads/Une-petite-histoire-de-la-tactique_merged-1.pdf

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une courte (oui MacLeod je peux mettre du court aussi  <_< )

Je n'ai rien contre les longs articles voyons ! Me fait pas passer pour le casse-couilles de service. :D

C'est juste que tu en mets tellement que c'est difficile de suivre la cadence parfois, même si c'est toujours très intéressant. En plus voilà un nouveau pavé de 46 pages, je meurs...:D

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Je n'ai rien contre les longs articles voyons ! Me fait pas passer pour le casse-couilles de service. :D

C'est juste que tu en mets tellement que c'est difficile de suivre la cadence parfois, même si c'est toujours très intéressant. En plus voilà un nouveau pavé de 46 pages, je meurs... :D

trop long , trop rapide...ces jeunes!! plus d'endurance  :lol:...tu n'as pas l'obligation de lire dans la seconde non plus, je vais pas te demander une fiche de lecture  ;).

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tu n'as pas l'obligation de lire dans la seconde non plus, je vais pas te demander une fiche de lecture  ;).

Encore heureux ! :D

Le truc c'est que je me connais, si je commence à me dire "je le lirais une autre fois", je vais me retrouver avec une tonne de trucs à lire et je ne rattraperais jamais mon retard. :P

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Excellent article Charlie effectivement, qui démontre bien que l'Atletico ce n'est pas juste une équipe qui gare le bus et qui joue avec ses couilles. La mise en place défensive de Simeone est vraiment impressionnante.

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