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Ryan
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Ces tactiques venues d'Italie

 

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Si au début du XXème siècle certaines équipes évoluaient encore en 2-3-5, les dispositifs se sont uniformisés dans les années 30. Depuis, le football a connu assez peu de changements tactiques importants. Trois d'entre eux ont vu le jour en Série A, preuve s'il en fallait que le championnat Italien est une terre d'innovation.

Le Catenaccio
En Français "cadenas". Le nom pourrait presque se suffire à lui-même et se passer de commentaire. Quand on pense catenaccio on imagine tout de suite une équipe complètement repliée qui fait tourner, assez insupportable à regarder, entre la Lituanie qui gare son bus devant le but et une équipe de Mourinho parée au combat. Et bien pas vraiment. Alors oui, le schéma est ultra défensif sur le papier : 5 défenseurs, dont un libéro (défenseur derrière les défenseurs) et deux latéraux, 2 milieux défensifs, 2 milieux offensifs assez excentrés et un attaquant. Mais le but de cette tactique est de s'appuyer sur une solide base arrière, capable de subir et de se projeter d'un coup seulement après avoir ouvert le score. Autrement dit, le catenaccio implique forcément de marquer au moins un but dans le match. Très répandu jusque dans les années 90, ce dispositif est encore utilisé par certains entraîneurs. Manque d'ambition pour les amateurs de spectacle à tout prix, génie froid pour qui considère que seule la victoire est belle. Le premier à avoir employé cette tactique est le Français Robert Accard dans les années 20. Une expérience nommée "béton" qui tourne court puisqu'elle engendre de très mauvais résultats pour son club. Quelques années plus tard les Suisses s'y essaient aussi, sans grand succès. Jusqu'en 1949, le catenaccio est oublié.


Superga et Herrera

Si aujourd'hui le Torino est dans l'ombre de son rival Juventini, cela n'a pas toujours été le cas. Dans les années 40, le Toro domine l'Italie, outrageusement, et remporte 5 titres de champion en jouant un football phénoménal. Certains parlent d'une des plus belles équipes de tous les temps. Mais le 4 mai 1949 se produit le plus terrible drame du football Italien : le crash de l'avion du Torino sur la colline du Superga. De cet accident, l'équipe de Turin ne se relèvera jamais. Parmi les victimes se trouvent 18 joueurs du club dont 8 internationaux Italiens majeurs. Privés de ses meilleurs éléments, l'équipe d'Italie est contrainte d'adopter une tactique lui permettant de préserver son statut de (déjà) double championne du monde. Le catenaccio sera privilégié pendant des années avec à la clé des résultats mitigés.
A la même époque, un jeune entraineur fait ses classes en France et entend parler de ce "cadenas". Intéressé, persuadé que ce schéma peut rendre une équipe imperméable, il décide de l'étudier puis de l'appliquer. Cet entraineur, c'est le légendaire Franco-Argentin Helenio Herrera. Lorsqu'il arrive à l'Inter Milan en 1960, son choix du catenaccio surprend un peu puisqu'aucune équipe l'utilisant ne réussit de merveilles. Seulement, Herrera, qui détestait qu'on l'associe au mot catenaccio, modernise cette tactique. Les latéraux prennent davantage les couloirs et les milieux jouent un peu plus haut. Un choix gagnant jusque son départ en 1968 avec dans la poche trois titres de champion d'Italie et deux ligues des champions, remportées contre le Real Madrid de Di Stefano et Puskas et contre le Benfica d'Eusebio, rien que ça.

La méthode Sacchi
On dit souvent que les trois meilleures équipes de tous les temps sont le Barca de Guardiola, l'Ajax de Rinus Michel et le Milan d'Arrigo Sacchi. Pour la première, pas convaincu. Pour la seconde, d'accord. Pour la troisième, évidemment ! Jeune, Arrigo Sacchi est joueur de divisions inférieures. Très vite, il se rend à l'évidence : son niveau est médiocre. Raisonnable, il préfère arrêter sa carrière sur le terrain et part étudier la théorie du football aux Pays-Bas. A son retour, Sacchi entraine des équipes de jeunes et de Série C et B avec de très bons résultats. Et là, alors qu'il n'a jamais pris en main un club de première division, le natif de Fusignano est repéré par le nouveau dirigeant du Milan AC, Silvio Berlusconi, qui le convainc de venir avec lui à Milan. Dès lors, une relation de grande confiance nait entre les deux hommes.

"Entre l'équipe et Sacchi, je choisis Sacchi"
Les débuts sont compliqués pour le jeune entraineur. Les joueurs rejètent sa méthode de travail et ses idées arrêtées. L'incompréhension est totale et la rupture semble proche. Seulement, un soir de match, Silvio Berlusconi glisse à chacun de ses joueurs cette phrase : "sache juste qu'entre l'équipe et Sacchi, je choisis Sacchi". A partir de la semaine suivante, tout change. Les joueurs se laissent séduire par la philosophie de jeu de Sacchi et s'adaptent à ses volontés. Au lieu de quatre entrainements par semaine, le groupe s'exerce au moins deux fois par jour. Le travail est éreintant. En match, le 4-4-2 est utilisé. Mais là où Sacchi révolutionne le football, c'est que chaque joueur, pas seulement les défenseurs comme c'était le cas à l'époque, a une zone déterminée qu'il doit contrôler. La défense à 4 est alignée, sans libéro (du jamais vu), et joue le hors-jeu sur chaque attaque. L'équipe exerce un pressing constant et organisé. Souvent, tous les joueurs évoluent dans la moitié de terrain adverse. Confrontés à ce bloc compact, les adversaires sont étouffés et n'arrivent pas à suivre le rythme imposé par le Grand Milan.

Maradona ? Non merci
Arrigo Sacchi ne reste au Milan que 4 saisons, de 1987 à 1991. Cela n'empêche pas son équipe de remporter 1 scudetto, 2 ligues des champions, 2 Supercoupes d'Europe et 1 coupe d'Italie. L'empreinte laissée par ce Grande Milan est impressionnante.  De nombreux entraineurs, dont Houiller et Wenger, lui rendent visite pour voir sa méthode de travail. Ils en repartent marqués. Il est dit de Sacchi qu'il préférait les schémas aux joueurs et que pour cette raison il aurait refusé Maradona, jugé trop individualiste pour se fondre dans son collectif. Pourtant, il faut reconnaitre que les Donadoni, Maldini, Baresi, Ancelotti, Rijkaard, Gullit, Costacurta et Van Basten ont bien contribué à ces magnifiques saisons. Elu meilleur entraineur de tous les temps par SoFoot, Arrigo Sacchi a marqué toute la génération d'entraineurs Italiens suivante, que ce soit Lippi, Capello ou Ancelotti. Le mot juste revient à l'Equipe, qui écrivait au lendemain d'une finale de ligue des champions remportée par Sacchi : "Après avoir vu ce Milan, le football ne pourra plus jamais être le même".

Ancelotti et le 4-3-2-1 en sapin de Noël
Carlo Ancelotti joue sous les ordres de Sacchi à l'AC Milan. Fasciné par l'entraineur, il décide à la fin de sa carrière de devenir l'un de ses adjoints en équipe d'Italie. Auprès de son mentor, Carlo apprend la culture tactique, la rigueur, la discipline et l'importance primordiale du collectif. Tout cela il l'intègre en y ajoutant sa touche personnelle, le rapport humain voire paternaliste avec ses joueurs. Ancelotti aime les schémas mais encore plus les hommes qui les composent. Ce sont ses amis, ses enfants. Il leur parle, les écoute, partage énormément de moments hors des terrains avec eux. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui ressentent un véritable vide après son départ dans un autre club. C'est en gagnant le respect et l'amour de ses joueurs qu'Ancelotti pose son autorité et se fait comprendre. Appréciés, écoutés, ses footballeurs se fondent les yeux fermés dans le schéma très technique du Mister. 

Gagner les mètchs
Carlo Ancelotti n'est pas seulement un fin psychologue, c'est aussi un grand tacticien et une machine à gagner. Après deux ligues des champions remportées en tant que joueur, il en ajoute trois à son palmarès de coach. Une en 2014 pour la Decima du Real Madrid et deux avec l'AC Milan en 2003 et 2007. Si ses succès s'appuient sur des effectifs de très haute qualité, c'est par la tactique qu'Ancelotti peut afficher au compteur 530 victoires sur 924 matchs dirigés, monstrueux. Cette tactique, c'est le 4-3-2-1 dit en sapin de Noël. Un système très axial puisque les 3 milieux devant la défense ne vont que rarement dans les couloirs et parce que les 2 milieux offensifs ne sont jamais sur la ligne de touche. Il ne faut pas l'oublier, Carlo Ancelotti est Italien. Et pour un Italien, la défense c'est sacré, prendre un but, un drame. Voilà pourquoi son dispositif composé de trois milieux centraux, dont deux travailleurs et un en rampe de lancement, est très efficace pour fermer les espaces, couper les lignes adverses et se retrouver en supériorité numérique en phase défensive. Avec un bon pressing, la récupération de balle se fait assez haut et les latéraux peuvent s'engouffrer dans leurs couloirs, couverts, en cas de contre attaque, par les milieux centraux capables de coulisser sur les cotés. La force de ce système est son aspect imprévisible. L'équipe peut se lancer dans d'assassines contre-attaques comme elle peut prendre son temps et placer des phases offensives construites, patientes, orchestrées par son milieu de terrain ultra-technique. Si Ancelotti utilise moins ce 4-3-2-1 depuis son départ d'Italie, on l'a vu de temps en temps à Chelsea, Paris (avec Jallet milieu central) et Madrid. En tout cas, son Milan de 2007 aura été une des plus belles équipes des années 2000, avec ses Nesta, Maldini, Gattuso, Pirlo, Seedorf, Kaka et Inzaghi.

http://www.sofoot.com/blogs/serie-a-mon-amour/ces-tactiques-venues-d-italie-151001.html

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Interview de Raffaele Poli responsable de l'observatoire du football du CIES entre autre sur le FPF, les transferts... :

http://www.cahiersdufootball.net/article-raffaele-poli-il-faut-mettre-les-inegalites-au-centre-du-debat-politique-dans-le-football-6727

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le salary cap ou la taxation des transferts réelles solutions ou simple placebo? :

 

http://www.cahiersdufootball.net/article-salary-cap-et-taxe-sur-les-transferts-les-impasses-de-la-regulation-6732 

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Un article qui va plaire à Frékoding:

 

 

JUVENTUS 1997: À L’ÉCOLE DU PROFESSEUR LIPPI

À l'issue de l'exercice 1997-1998, la Juventus de Zidane, Deschamps, Conte, Ferrara et Inzaghi s'inclinait en finale de C1 face au Real Madrid. Près de dix ans plus tard, les voilà devenus entraîneurs, avec des réussites diverses. Mais forts d'un modèle commun, dont ils se réclament tous : Marcello Lippi.

 

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http://www.sofoot.com/juventus-1997-a-l-ecole-du-professeur-lippi-443747.html

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Lukaku, le chant de la discorde

 

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PREMIER LEAGUE - La polémique liée aux paroles dédiées à l’attaquant de Manchester United par ses propres supporters renvoie le football britannique à la tradition - une de plus - de ses chants qui font la magie de ses stades. Souvent drôles mais qui connaissent aussi des dérives.

 

http://www.eurosport.fr/football/premier-league/2017-2018/lukaku-le-chant-de-la-discorde_sto6350088/story.shtml

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Claude Makelele, ce Géant

Plus que Zidane, Henry, Blanc ou Lizarazu, c’est Claude Makelele qui manquera cruellement aux Bleus ce mardi à Madrid. Du sang-froid et de la malice dans la conservation du ballon, de la précision dans la relance, un volume de jeu légendaire. Et surtout cette confiance absolue en son jeu et son rôle. Pour reprendre sa mythique réflexion sur le Brésil et Ronaldinho : « Iniesta, Xavi, Silva, machinchouette, rien à foutre ? ».

http://www.sofoot.com/blogs/fautetactique/claude-makelele-ce-geant-149122.html

 

 

 

 

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Florentino Pérez, le "politicien frustré" devenu tout-puissant patron du Real Madrid

 

Samedi 3 décembre, à 16 heures, une partie de la planète va s'arrêter. Le clasico Real Madrid-FC Barcelone – le seul, l'unique – va tenir en haleine 450 millions de téléspectateurs à travers le monde. L'un des metteurs en scène de ce spectacle planétaire, c'est l'homme d'affaires Florentino Pérez, qui préside aux destinées du club madrilène depuis 2000, excepté une parenthèse de trois ans. Un loser en politique, couronné roi du football ibérique.

Le ballon rond n'est pourtant pas le premier amour de Florentino Pérez. C'est la politique. Quand le franquisme s'écroule à la mort du Caudillo, celui qui enseigne alors les mathématiques à l'Université polytechnique de Madrid sent qu'il y a des places à prendre. Il grimpe les échelons de la fonction publique pour dégoter une place au ministère de l'Agriculture, avant de se lancer dans l'arène à la tête du Parti réformiste démocratique, classé au centre. Avec seulement 0,96% des voix au niveau national, sa carrière politique est déjà terminée. Officiellement, en tout cas.

Le "roi Midas" à l'assaut du Real Madrid

Pour une poignée de pesetas, Pérez se reconvertit dans le BTP en rachetant l'entreprise ACS, alors en faillite. La société compte alors 150 salariés et fait un chiffre d'affaires modeste. Vingt ans plus tard, elle emploie 141 000 ouvriers et génère 16 milliards d'euros annuels. Le boom de l'économie espagnole y est pour beaucoup, la personnalité et le carnet d'adresses de Pérez aussi. Pendant près de vingt ans, celui qui gagnera le surnom de "roi Midas" a son rond de serviette dans le même restaurant que José Maria Alvarez del Manzano, maire de Madrid de 1991 à 2003, rappelle Publico (en espagnol). Dans un marché aussi dépendant de la commande publique, cette proximité est un plus appréciable. Ainsi, quand le Real vend à prix d'or son ancien centre d'entraînement, situé en plein cœur de la ville, à la mairie, c'est ACS qui obtient des contrats pour bâtir trois des quatre immeubles prévus sur le terrain...

 

Le maire de Madrid, Jose Maria Alvarez de Manzano fait une tête sous l\'oeil amusé du président du Real Madrid, Florentino Perez, le 5 mars 2002. Le maire de Madrid, Jose Maria Alvarez de Manzano fait une tête sous l'oeil amusé du président du Real Madrid, Florentino Perez, le 5 mars 2002. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

 

En 1995, sa boîte ne lui suffit plus. Pérez se lance à l'assaut du Real Madrid. Pour l'époque, les moyens déployés pour séduire les 80 000 socios, supporters-actionnaires de l'équipe, semblent surdimensionnés. "Le débat entre les candidats était télévisé, comme entre Trump et Clinton aux Etats-Unis", se souvient Pérez sur le site Cinco Dias. Conseiller en communication, détectives engagés pour fouiller les poubelles des adversaires, notaires qui fouinent dans les parrainages des concurrents pour y détecter des faux... "Pérez a des manières de politicien frustré", le tance en direct le président sortant Ramon Mendoza, rappelle El Pais. Touché. L'élection se conclut de manière houleuse. Mendoza, vieux notable espagnol au teint bronzé et aux cheveux blancs, l'emporte de 695 voix sur plusieurs dizaines de milliers de votants contre son rival au look austère de chef d'entreprise, front dégarni et éternels costumes bleus.

Des promesses très onéreuses

Pour l'élection suivante, Pérez a recours... à des trucs de politiciens frustrés, mais qui marchent, cette fois : des promesses. Son argument massue, choisi à l'aide de coûteux sondages auprès des socios : le recrutement de Luis Figo, tête de gondole du Barça, le rival honni. Pérez a négocié en sous-main un deal avec la star portugaise, raconte Vice (en anglais). S'il est élu, il mettra les moyens pour le faire venir. Et s'il échoue, Figo touchera un confortable dédommagement pour son silence. L'affaire perturbe l'intersaison du Barça et l'Euro 2000 de ce dernier, harcelé par son club juste avant la demi-finale ultra-importante contre la France. Le Portugais est même contraint de signer un communiqué écrit par le Barça affirmant qu'il restera bien au club. Pipeau !

Pérez ne croit pas en ses chances, car jamais un président du Real sortant n'a été battu à une élection. Contre toute attente, il l'emporte... et doit lâcher 60 millions d'euros pour débaucher Luis Figo. Après coup, ses proches, qui composent ensuite le comité directeur du Real, tressent des louanges de celui qui a tout vu avant tout le monde : "Florentino a quinze ans d'avance sur nous, il pense déjà ce que nous allons faire dans le futur, des choses qu'on n'imagine même pas encore", confie l'un d'eux à un journaliste. Son biographe,Juan Carlos Escudier, résume le personnage.

Pérez est tellement malin qu’il pourrait même se faire des amis en enfer. D’ailleurs, si le diable décidait de construire une route vers le purgatoire, il lui confierait sûrement le projet.

Juan Carlos Escudier, biographe de Florentino Pérez

 

Le président du Real Madrid, Florentino Perez, en conférence de presse, le 26 mai 2010. Le président du Real Madrid, Florentino Perez, en conférence de presse, le 26 mai 2010. (ANDREA COMAS / REUTERS)

 

Une équipe gérée comme à Hollywood

Pour Pérez, qui compare dans le Guardian (en anglais) le fait de diriger le Real à un "hobby", le concurrent du club ne doit pas être le Barça ou le Bayern Munich, mais Disneyland ou Hollywood. D'où la politique des Galacticos qui nécessitera l'achat d'une star par an : Figo en 2000, Zidane en 2001, Ronaldo en 2002 et Beckham en 2003. Un empilement de joueurs offensifs, sans aucun respect pour la tactique ou l'équilibre de l'équipe. Les tâcherons, pas assez glamour, se voient montrer la porte. Claude Makelele, le précieux milieu défensif tricolore, est exfiltré à Chelsea. Vicente del Bosque, le coach moustachu qui parvenait à gérer une concentration inédite d'ego au mètre carré dans le vestiaire, est remercié en 2003.  

La garde rapprochée de Pérez, emmenée par José Angel Sanchez, file la métaphore cinématographique.

Nous sommes des producteurs de contenus, comme un studio de cinéma. Posséder une équipe avec Zidane, c'est comme monter un film avec Tom Cruise.

José Angel Sanchez, bras droit de Florentino Pérez

dans "As"

John Carlin, auteur d'un livre sur le séjour de Beckham dans la capitale espagnole, abonde dans le New York Times (en anglais) : "Perez a compris que gagner des trophées était du ressort des dieux du football. Mais quand on a des joueurs fantastiques dans son équipe, on peut générer une excitation énorme, qui se traduit par un intérêt colossal et les retombées économiques qui vont avec." 

Après une série de résultats décevants, Pérez démissionne. Sur un coup de tête. Ce n'est pas pour rien que ceux qui le connaissent bien le décrivent comme un homme affable en public, colérique et impulsif en privé. Quelques minutes après cette décision, il s'enferme dans son bureau pour pleurer toutes les larmes de son corps. Fatalement, il regrette aussitôt son choix et s'ennuie pendant trois ans. On ne lui connaît aucun vice coûteux : tout juste entretient-il un yacht dans le port de Palma de Majorque. 

L'homme qui ne voulait pas remplacer Bale

Devinez qui se présente aux élections de 2009 ? Pérez, avec dans la corbeille de mariage Cristiano Ronaldo, le petit jeune qui monte, alors à Manchester United. Le businessman au costume bleu revient aux affaires. Les achats dispendieux reprennent, les petits arrangements avec la comptabilité aussi. Les banques ont ainsi avancé des sommes colossales au club pour l'achat du Gallois Gareth Bale, valorisé à 100 millions d'euros, à un club surendetté... mais dirigé par un homme qui a multiplié par sept la valeur de son entreprise ACS, détenue en partie par ces mêmes banques. 

Le patron du Real demeure un investisseur avisé, qui sait pouvoir compter dans son stade nombre de décideurs. Dans la tribune dévolue aux VIP, se pressent côte à côte l'archevêque de Madrid, le gratin politique de la région, des cadres du Partido Popular (conservateur) où penche le cœur de Pérez, mais aussi des syndicalistes et le gratin de la magistrature qui côtoie le patron de la mafia chinoise en Espagne ! Les journalistes "amis" ne sont pas oubliés, certains d'entre eux obtenant les confidences en off du grand patron pendant les 90 minutes de la rencontre, raconte Juan Carlos Escudier.

Florentino Pérez demeure aussi un patron exigeant, qui vire ses entraîneurs (presque) aussi vite que son ombre. Le motif qu'il a avancé pour avoir remercié Carlo Ancelotti, vainqueur de la Ligue des champions avec le club merengue, en a laissé plus d'un songeur : "Une fois, Ancelotti a remplacé Bale. Je le lui ai reproché, mais Carlo n'a pas compris. A partir de là, il a perdu ma confiance. Pour moi, remplacer Bale, c'était comme m'attaquer." Zinedine Zidane, actuel locataire du banc du Real, s'est tout de même permis ce sacrilège à trois reprises cette saison. Qu'il profite de l'aura que lui procure sa victoire en Ligue des Champions de mai dernier, tant qu'il est encore temps.

 

http://www.francetvinfo.fr/sports/foot/zinedine-zidane/florentino-perez-le-politicien-frustre-devenu-tout-puissant-patron-du-real-madrid_1943379.html

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Le 1/4/2017 à 13:33, Samael a dit :

MU et le business foot une vieille histoire :

 

https://communicationorganisation.revues.org/3241

Je cite ce partage de Samael qui mérite vraiment d'être lu.

 

 

 

 

Les carrés magiques (1) : Tigana, Fernandez, Giresse, Platini

 

Trois fois dans son histoire, l’équipe de France a eu dans son jeu un carré d’as, talents complémentaires qui ont entraîné des années fastes. Le premier de la série, celui qui a illuminé le milieu des années 80, était en fait un losange. Bienvenue chez les Fertigipla.

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http://www.chroniquesbleues.fr/Les-carres-magiques

 

 

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Alors, je ne sais pas si c'est ici que je doit mettre ça (dans le cas contraire, les modérateurs peuvent le replacer svp):

http://www.goal.com/fr/news/messi-neymar-et-le-meilleur-xi-europeen-jusquici/177gn6xxwg2f61b5kzfrxauztm

 

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Modifié par porteur
"Ce n'est pas simplement un maillot. C'est notre peau. 
Ce n'est pas juste un stade. C'est notre maison. 
Ils ne sont que onze. Nous sommes des millions. 
Ce n'est pas simplement 90 minutes. C'est toute notre existence. 
Ce n'est pas simplement du football. C'est notre vie."
- Ryan Giggs-
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le bilan financier de l'Euro 2016 :

http://www.cahiersdufootball.net/article-euro-2016-cour-des-comptes-grand-cout-derriere-la-tete-6755

ps : dans la partie sur les stades lisez les 2 articles cités (sur l'Allianz Riviera de Nice et sur le Vélodrome de Marseille) ils sont édifiants.

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TOTTI, QUAND LA TACTIQUE N’EST PLUS PERTINENTE

 

Francesco Totti est fascinant. Quelle que soit la relation qu’on entretient avec lui, supporteur, amateur, rival, il fascine l’autre, pour sa trajectoire, sa technique, sa créativité. Quand on on avait un jour demandé à Zdenek Zeman de lister les trois meilleurs joueurs italiens, le Tchèque avait répondu “Totti, Totti et Totti”. Au-delà de la poésie qu’elle renferme, la formule du doublement ancien coach de la Roma raconte bien les qualités de ce penseur.

 

Parce que Totti est trois joueurs en un, un monstre de polyvalence qui se transforme selon les besoins de son équipe, planant au-dessus des considérations scientifico-footballistiques de ses collègues. D’un meneur de jeu classique à un playmakerexcentré, tout en passant par le poste de faux numéro 9, Totti n’a pas flanché, a continué à marquer, passer, inventer, nier la nécessité d’adaptation tactique. Jonathan Wilson a écrit “Inverting The Pyramid”. Francesco Totti, saison après saison, entraîneurs après entraîneurs, ne cesse de l’escalader, au mépris de la pesanteur. D’où une question étrange : Totti a-t-il besoin de la tactique ?

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ENJOY IT WHILE IT LASTS

Ces interrogations sont évidemment mal énoncées. Avec dix partenaires et onze adversaires, il est impossible, à moins d’avoir des capacités athlétiques sans égal (Ronaldo années 90 était une illustration absurde de ces rares cas), de totalement se débarrasser des problématiques du football, de la longueur de son terrain. Et ce n’est pas ce que Totti fait. En revanche, il les intègre à une vitesse impensable, ce qui ferait presque disparaître cette phase d’adaptation, de découverte du nouveau système, de la nouvelle structure. Le football progresse tactiquement, sans interruption, certes parfois en se recyclant. Mais parti d’un jeu sans passes au début de son histoire, tel un jeu de rôle tour par tour où chacun fonçait tout droit dans l’espoir d’avancer, le foot a découvert l’art de la passe, l’a développé, accéléré. Physiquement, il est toujours plus exigeant. Et c’est pourquoi s’intéresser à un joueur si peu touché par cette progression constante est primordial. Bientôt, Totti descendra la pyramide.

DES CHIFFRES & DES CHIFFRES

Francesco Totti joue au football professionnellement pour la vingt-et-unième année consécutive. La dix-neuvième en marquant au moins un but. De ces dix-neuf campagnes, quatorze l’ont vu marquer au moins dix buts. Depuis 1998 (statistiques indisponibles auparavant), il a délivré 122 passes décisives en championnat. Malgré l’échec de la Roma sous Luis Enrique l’an dernier, Totti avait marqué huit fois et ajouté sept passes décisives en Serie A. Sa “pire” saison statistiquement depuis 1997. Depuis, il a refusé le déclin habituel du corps humain, totalisant douze buts et dix passes décisives après vingt-neuf matches de championnat cette saison. La langue anglaise qualifierait ces chiffres de ridiculous, un terme qui englobe le caractère incroyable, insensé de telles performances, tellement absurdes qu’on en rirait presque.

Récemment, dans un article sur le site du Guardian, Jonathan Wilson écrivait : “[...]but perhaps, given the infrequency of goals, the best way of assessing match dominance is chance creation”. En appliquant ce modèle au cas individuel de Francesco Totti, on comprend mieux son unicité, et son influence perpétuelle, peu importe son poste. Troisième meilleur pourvoyeur de passes décisives en championnat derrière Andres Iniesta et Marek Hamsik sur le Vieux Continent, il donne 2,9 key passes par match, soit presque trois occasions créées par rencontre. Sa note moyenne sur WhoScored le place au dix-neuvième rang des meilleurs joueurs de la saison (un classement dominé par les offensifs), entre Toni Kroos et Robin Van Persie. En ne prenant en compte que les performances à domicile, il monte au cinquième rang, juste derrière un podium composé de Lionel Messi, Franck Ribéry et Cristiano Ronaldo. Cette dernière statistique montre deux choses : le confort de Totti au Stadio Olimpico, un stade qui lui appartient (dix de ses douze buts ont été marqués devant les Romanistas), et sa propension à tutoyer les sommets malgré des coéquipiers sensiblement moins bons que ceux des stars pré-cités.

QI FOOTBALL

Et la même question revient encore. Le temps et l’espace, les circonstances, ont-ils prise sur Totti ? Les changements d’effectif et de philosophie ne semblent pas enrayer son talent, sa perte de vitesse de course et d’exécution a été immédiatement compensée par son intelligence et sa vision du jeu. Chaque nouveau problème, causé par la cruauté du temps qui passe, ou la lente régression de son club, a été une nouvelle occasion de créer des solutions pour l’Italien, au point de se demander si son simple cerveau football ne pourrait pas lui suffire. Pourquoi courir au fond, quand l’intelligence de jeu a déjà doublé l’adversaire à travers une compréhension aiguë du football, celle d’un joueur qui connaît son sport comme on connaît une personne, anticipant ses réactions, sachant comment lui plaire. Totti prévoit les rebonds du ballon, les déplacements de ses partenaires, les échecs de ses adversaires. Un entraîneur organise son équipe et son schéma afin de maximiser les chances de réussite de ses joueurs, en fonction de leurs qualités. Aucun choix tactique ne paraît susceptible de minimiser celles de Totti. Et le contrer est une tâche fastidieuse, tant essayer de penser comme lui est difficile. Même pour ses coéquipiers. Ses ouvertures sont assassines, nettes quand elles sont réussies, mais risquées, souvent inconcevables. Totti est le joueur qui rate le plus de passes parmi les cinq grands championnats européens.

Discipliner les inspirations serait une erreur. Dans un football continental de plus en plus structuré, il s’agit de sauvegarder le droit à l’invention, et ainsi celui à l’échec. Elle a su, tardivement, reconnaître Totti, mais l’Europe a déjà failli rejeter Riquelme. Qu’elle ne se trompe pas à nouveau avec leurs héritiers.

 

http://cahiersdufootball.net/blogs/les-de-managers/2013/04/15/totti-quand-la-tactique-nest-plus-pertinente/

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L’EXTINCTION DE LA PLUS BELLE ESPÈCE FOOTBALLISTIQUE (FT&CO)

 

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La fin d’une époque.
 
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Lorsque Leonardo, pour son Grand Paris, a identifié LA grande star de ce nouveau Paris Saint-Germain, sa vision a été très claire. Il a ciblé deux joueurs en particulier, qui ont été les dossiers prioritaires du mercato parisien, à savoir Javier Pastore de Palerme et Paulo Henrique Ganso de Santos. Il aurait pu cibler un ailier vif, technique (something à la mode, tel Neymar, Sanchez ou encore Hazard) ou encore un grand attaquant (Samuel Eto’o), mais son expérience de dirigeant à l’Inter et au Milan AC l’a conduit à un style de joueur, qu’il sait essentiel, et surtout devenu rare : le trequartista. En effet, Leo a connu les deux derniers grands trequartisti de cette décennie, à savoir Wesley Sneijder de l’Inter et surtout Ricardo Kakà à Milan qu’il avait ramené de Sao Paulo.

Si le 4-2-4 a quasiment disparu à la fin des années 70, d’où la longue agonie du poste d’ailier pur jusqu’à sa disparition quasi-totale à la fin des années 90 (alors qu’il nous avait donné des joueurs magnifiques tels que Garrincha, Gento, Kopa, Stan Matthews ou bien des très bons joueurs comme Marc Overmars), serait-ce la fin du poste du trequartista, lui qui a révolutionné le football tout en lui donnant ses joueurs les plus géniaux ?

Mais qu’est ce qu’un trequartista ? Pour ceux qui suivent le football italien (des fans de foot se respectant donc), peu d’explications sont nécessaires, tant ce rôle est crucial et reconnu dans le Calcio.
Pour ceux qui ne suivent pas le foot italien (shame on you) ou ne comprennent tout simplement pas ce que cela veut dire, le trequartista (ou le  »trois-quartiste ») est simplement un milieu de terrain offensif attiré par le but, ayant une vision du jeu hors pair : il joue entre les lignes, entre la défense et le milieu de terrain adverses. C’est le leader technique de son équipe, celui autour duquel l’animation offensive est construite. Bien qu’attiré par le but, lorsqu’il possède le ballon, toute son équipe se projette vers l’avant.
Oui, mais dans ce cas là me direz-vous, ce poste n’est pas du tout en voie de disparition : des joueurs comme Cristiano Ronaldo ou encore Leo Messi ne sont-ils pas des leaders techniques très attirés par le but ? Un joueur comme Andrés Iniesta ne remplirait-il pas lui aussi la description du trequartista, étant ce milieu de terrain offensif capable de marquer, tout en ayant une vision du jeu extraordinaire ? Que dire alors des Fabregas, Schweinsteiger, Nasri, David Silva ?
Oui, mais le trequartista a une force, une qualité, que ne possèdent pas ces joueurs ou tout du moins qui le démarque : celui-ci est vu comme un  »faux lent ». Sa qualité première n’est pas la vitesse ou la percussion mais il arrive à se démarquer majoritairement par ses outils techniques hors du commun, une technique lui permettant de voir le jeu avant les autres et donc les opportunités de but également. Il est certes moins rapide sans le ballon que l’adversaire, mais ce n’est plus vrai balle aux pieds.
Des joueurs comme Juan Roman Riquelme, Fernando Redondo ou Andrea Pirlo, malgré leur talent hors norme, ne rentrent pas dans cette catégorie.
L’impact de ce poste dans l’histoire du jeu est énorme, sans doute méconnu ou du moins mésestimé par un grand nombre de fans de football et notamment sur le plan tactique.

À la fin des années 50 et début des 60’s, une grande partie des équipes jouait en 4-2-4 (le Real, le Brésil, la Fiorentina, Santos notamment) et prônait un jeu donc offensif (on peut ainsi le remarquer en regardant les différents scores des différentes finales de compétitions internationales : qui pourrait aujourd’hui rêver d’un 7-3 en finale de la Ligue des champions, comme nous l’a offert la finale de 1960 entre le Real Madrid et le Eintract Francfort).
Un entraîneur nommé Helenio Herrera, fraîchement arrivé de Barcelone à l’Inter Milan en 1960, était échaudé par ces envolées offensives d’alors. Alors entraineur du Barça, il a certes développé un jeu extrêmement offensif avec un certain succès (2 Ligas remportées, des saisons à plus de 80 buts marqués également) mais ses échecs répétés en Ligue des champions et une comparaison tout de même à son désavantage face à la superpuissance offensive du Real l’ont poussé à évoluer lors de son arrivée en Italie. Il a alors repris le travail entamé en Italie dans les années 50 par Alfredo Foni, un de ses prédécesseurs à l’Internazionale et réadapta le fameux cadenas suisse des années 30, tactique extrêmement défensive avec un  »verrou » derrière : trois défenseurs centraux qui, eux-mêmes, allaient être supportés par deux milieux défensifs. On appelle désormais cette tactique plus communément le catenaccio.

Ce fut un véritable casse-tête pour les équipes adverses, car dans le fameux 4-2-4 d’alors, les détonateurs étaient les ailiers (Kopa ou Gento au Real, Garrincha en équipe du Brésil), et ceux-ci se retrouvaient annihilés par la densité de cette tactique. Elle eut un vif succès (3 Scudetti, 2 Coupes d’Europe des clubs champions, 2 coupes intercontinentales).
La montée des trequartisti a alors mis un frein au succès de cette tactique, car la polyvalence de ces joueurs, capables de jouer entre les lignes et de se propulser vers le but, a fait sauter un verrou (c’est bien le cas de le dire) et a mis en danger ce qui était alors le succès de cette tactique, notamment le resserrement des lignes défensives.

De véritables marquages à la  »culotte » se sont alors développés, afin de contrôler ce genre de joueurs : qui a oublié le traitement du rugueux Berti Vogts (avant d’être un entraîneur assez piètre, il était un excellent défenseur, titulaire en défense centrale avec Beckenbauer) sur le génial Cruyff en finale de la Coupe du Monde 1974 ou encore le traitement infligé par la Squadra Azzura de 1982 à Maradona lors de ce fameux match de Coupe du Monde où Maradona, alors jeune prodige de Boca Juniors, se fit découper pendant 90 mn. Excédé par ce traitement que l’on qualifiera de  »chef d’oeuvre de Gentile », il allait même jusqu’à déclarer :  »Je pensais qu’il allait me suivre même aux toilettes. ».

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Un lien peut ainsi être fait entre la forte culture tactique sud-américaine (entendons nous bien : une propension à faire de la défense une arme tactique, surtout en Uruguay et en Argentine) et italienne et la propension de ces pays à produire ce genre de joueurs. Les Argentins se réfèrent au trequartista comme  »el enganche » : celui qui fait le lien entre le milieu et l’attaque, celui qui fait la différence. C’est une véritable institution dans la culture football argentine, il faut dire que les Argentins ont connu el Diez, un certain Pibe de Oro.

Parmi les premiers trequartisti, on retrouve des joueurs comme Luis Suarez (El Arquitecto, Ballon d’Or 1960, Espagnol génial du Barca et de l’Inter), Sandro Mazzola (meilleur joueur de l’Inter double championne d’Europe en 1964, 1965) et Gianni Rivera (leader de la magnifique équipe du Milan de 1969 ayant mis un 4-1 à l’Ajax de Cruyff et Remus Michels en finale de la Coupe des clubs champions).
Ce poste a d’ailleurs eu un tel impact dans les années 60 en Italie qu’en équipe nationale, par respect du poste de trequartista, Mazzola et Rivera jouaient une mi-temps chacun alors qu’ils étaient les deux meilleurs milieux offensifs italiens, et de loin. Comme si la France, en 98, n’avait pas fait jouer Djorkaeff et Zidane ensemble. Hallucinant.

Depuis ces précurseurs, de nombreux joueurs, dans les années 70 et 80, ont glorieusement porté ce rôle à un autre niveau : Michel Platini, Gunther Netzer, Johan Neeskens, Safet Susic, Mustapha Dahleb, Zico, le malheureusement trop peu connu Bernd Schuster (joueur génial du Barca, Real et Atletico, qui a fait gagné à la RFA l’Euro 80 à l’âge de 20 ans, excusez du peu). Le grand Diego possédait également ces attributs de Trequartista.
Inutile de présenter ces joueurs ayant marqué le jeu, remportant de nombreux trophées, ayant un impact extraordinaire tant en équipe nationale qu’en club.

 

Mais ils ont également marqué les fans et créé un idéal dans les années 80 : ils sont devenus les nouvelles attractions du football, ceux que les supporters paient pour voir jouer, ceux qui vendent du rêve et de l’espoir à toute une génération.
Les années 80 et le début des années 90 ont d’ailleurs marqué une époque de mondialisation du trequartista en quelque sorte : si on les retrouvait surtout dans le football occidental auparavant, on commence à en voir émerger dans des pays comme le Danemark avec Michael Laudrup, la Roumanie du sulfureux Gheorge Hagi, l’Algérie de Dahleb ou Belloumi, la Yougoslavie de Susic ou la Croatie de Boban.
Par exemple, quel fan de River Plate ne se souvient pas d’El principe, Enzo Francescoli (uruguayen si tant est qu’on ait besoin de le rappeler)? Ce joueur sublime, idole de Zinedine Zidane, était l’exemple parfait du trequartista : un joueur complet techniquement, certes pas très rapide, mais avec une superbe vision du jeu, et un instinct du but très développé pour un milieu de terrain offensif.
 
Les magnats du football ne s’y sont bien sûr pas trompés et ont fait du trequartista un trophée, un emblème, un symbole. Jean-Luc Lagardère a engagé ce même Francescoli au Matra Racing en 1986-1987, celui-ci devenant l’attraction immédiate du championnat et créant une grande ferveur autour de ce club alors inconnu malgré la présence de Giresse et Tigana à Bordeaux ou encore José Touré à Nantes et rendant par ailleurs ce club attractif (il fut rejoint peu après par Luis Fernandez notamment).
 
Que dire de l’engouement crée par Enzo Scifo à Auxerre en 1989, faisant de cette équipe moyenne du championnat un favori et une équipe à ne pas rater, dans cette petite bourgade de Bourgogne.
Le  »manager des années 80 », LE président de club des 80’s n’a pas non plus laissé ce train passer : Bernard Tapie a engagé Francescoli ET Dragan  »Piksi » Stojkovic, étincelant joueur de l’Étoile Rouge de Belgrade en 1989 et 1990, alors qu’il avait fait vibrer toute la France en 1989, passant à une poignée de détails près de faire signer le numéro 10 du Napoli…
Son homologue transalpin, Silvio Berlusconi,  a quant à lui toujours eu un faible pour ce genre de joueurs : Kakà, Rivaldo, Rui Costa, Cassano, Boban, Savicevic ou Roberto Baggio en sont les exemples les plus récents.
 
Ainsi, demandez à tous les fans de Marseille de quelle équipe de l’ère Tapie ils se souviennent le plus, ce n’est ni celle de 1993 ou de 1991, mais bien celle de 1990, qui rassemblait alors Waddle, Abedi Pelé, Enzo Francescoli et Stojkovic, qui jouait alors un football d’une fluidité rarement vue en France.
 
Les années 90 ont vu une superbe succession à ces joueurs d’exception avec des joueurs tels que Roberto Baggio, Francesco Totti, Alessandro Del Piero, Gianfranco Zola, Rui Costa, Rivaldo, ou bien un certain Zinedine Zidane.
Le trequartista était alors LE joueur de l’équipe de football de base, celui sur lequel on se basait.
Ces joueurs sont devenus des emblèmes dans chaque club où ils ont évolué, marquant l’histoire de leurs clubs tant par leur talent que par leur leadership technique (parfois, ils deviennent même LE club, ce qui rend difficile leur mise à l’écart : Totti ou Del Piero symbolisent bien cela à Rome et à Turin.).
 
Le fabuleux Milan AC de 1994 n’avait-il pas un certain Dejan Savicevic aux manettes ? L’imperméable Italie de 1994 n’était-elle pas celle de Roberto Baggio, que les supporters de la Fiorentina et de la Juventus n’oublieront jamais ?
Que dire alors des supporters de Chelsea, qui porteront Zola dans leur coeur certainement bien plus qu’ils ne porteront un Drogba.
Certains joueurs comme Bergkamp ou Stoichkov ont, quant à eux, fait la transition entre second attaquant et trequartista au cours de leur carrière, ceci étant possible par une qualité technique hors du commun.

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Alors qu’une nouvelle génération de trequartisti devrait nous enchanter, tout comme l’apparition de trequartisti de nouveaux horizons, notamment africain, on remarque une certaine recrudescence de ce genre de joueurs depuis le début des années 2000. En effet, le joueur offensif type est désormais un joueur basé plus sur la percussion, sur le dribble, sur la vitesse, sur le modèle d’un Ronaldo icône d’une génération. Le nombre de joueurs virevoltants a explosé, et le nombre de trequartisti s’est réduit. Ainsi, le football contemporain est dominé par des joueurs polyvalents, pouvant occuper toute position offensive.
Certaines raisons peuvent expliquer cette recrudescence : un football désormais plus physique et surtout plus rythmé, qui a poussé certaines institutions à considérer que le trequartista était devenu inutile, et qu’il fallait désormais favoriser un type de joueur plus costaud (je ne vise surtout pas la FFF par exemple) ou encore une évolution des mentalités.
En effet, dans l’imaginaire footballistique de nos jours, il faut jouer comme Barcelone ou Arsenal : avec des créateurs au milieu de terrain qui lancent des ailiers (des joueurs rapides polyvalents) qui centrent pour des attaquants n’ayant plus qu’à finir le beau travail collectif.
L’imaginaire footballistique est également un produit de ce que nous voyons tous les week-ends, et il est vrai que le diktat du foot anglais sur nos postes de télévision n’aide pas le trequartista, lui qui ne s’est jamais retrouvé dans ce foot anglo-saxon en général, ce qui peut ainsi expliquer le grand succès d’un Zola à Chelsea.
Dans cet imaginaire, et dans le 4-3-3 désormais imposé (ou 4-2-3-1 pour les frileux), le trequartista ne trouve plus sa place car l’expansion des joueurs polyvalents le rend également inutile.
Ainsi, nous nous retrouvons face à un groupe désormais très réduit : Özil, le fantôme de Kakà, le fantasque mais génial Antonio Cassano, Pastore, Sneijder, Luka Modric (occasionnellement, comme lors de l’Euro 2008).
La tendance n’étant pas au renouvellement de ce genre de joueurs, notamment au vu d’une évolution footballistique ne laissant pas la place aux différences et qui nous pousse à l’uniformisation tactique et technique, nous nous retrouvons face à la disparition du poste le plus marquant, le plus  »excitant » et certainement le plus mythique de l’histoire du football.
 
Si à travers l’histoire, de nombreux trequartisi se sont révélés comme faisant partie du gotha du football mondial, quelques joueurs ont sublimé et transcendé ce poste à travers le temps : Alfredo Di Stefano (considéré par Pelé, Maradona et Herrera, excusez du peu, comme le meilleur joueur de l’histoire du football), le roi Pelé, l’icône du football total, Johan Cruyff et el pibe de oroDiego Armando Maradona. Ces joueurs possédaient bien évidemment les qualités du trequartista mais une évidente supériorité technique, une intelligence du jeu hors du commun et une oeuvre notamment symbolisée par des statistiques hallucinantes et de nombreux trophées en font bien plus que de simples trequartisti aux yeux de nombreux supporters. Un supporter du Napoli ne pourra jamais limiter Maradona à un simpletrequartista : cela faisait partie de ses prérogatives et de ses nombreux talents, mais il était bien plus que ça. La question reste cependant ouverte et cela est tout de même significatif d’une alarme qui doit aujourd’hui retentir dans le monde du football.
 
Car si c’est pour nous priver de la virtuosité de Cruyff, des contrôles de Zidane, des ouvertures de Platini ou d’un Maradona (j’espère que vous aurez par ailleurs enfin compris la différence avec Messi), je vous le dis, une partie du football que nous aimons ou qu’à plus forte raison les vrais fans de football aiment se meurt.
Ainsi, tous les fans du Milan AC se sont retrouvés orphelins en quelque sorte avec le départ de Kakà à Madrid il y a 3 ans, tout comme l’arrivée d’un Pastore à Paris a comblé les supporters parisiens.

Bientôt, pour réapprécier ce genre de football, il nous faudra se plonger dans le passé et non plus simplement allumer la télé, ne plus regarder l’avenir avec envie mais le passé avec dépit.
 
Mélancoliquement vôtre. 
 

https://fautetactique.com/2011/09/12/lextinction-de-la-plus-belle-espece-footballistique-ftco/

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